La charge mentale : retrouver de l’espace dans sa tête

Mental load

« Je ne fais rien du tout quand je pense tout faire »

Pierre Corneille

Dans beaucoup d’accompagnements, j’entends cette phrase : « J’ai l’impression de courir toute la journée… et pourtant je n’avance pas vraiment. »

Ce qui est en jeu n’est pas seulement une question d’agenda rempli. C’est souvent la charge mentale : tout ce qui occupe notre esprit en permanence. Les sujets à traiter. Les décisions à prendre. Les conversations à préparer. Les mails auxquels il faudrait répondre. Les dossiers qui restent ouverts. Notre cerveau reste branché en continu. Avec le temps, cela génère fatigue cognitive, dispersion et parfois un sentiment diffus de débordement.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des leviers assez simples pour retrouver de l’espace mental. Dans mes accompagnements et formations, je partage souvent ces quelques clés.

Revenir à son cercle d’influence

Quand la charge mentale augmente, nous avons tendance à penser à tout : les décisions des autres, les contraintes de l’organisation, les incertitudes extérieures. Or tout cela ne dépend pas toujours de nous.

Un outil très simple consiste à distinguer trois zones :

Le cercle de préoccupation
Tout ce qui nous concerne… mais sur lequel nous n’avons pas vraiment de prise.

Le cercle d’influence
Ce sur quoi nous pouvons agir ou peser.

Le cercle de contrôle
Ce qui dépend directement de nous.

La charge mentale augmente souvent quand nous passons trop de temps dans le premier cercle. Une question utile à se poser régulièrement :

Sur quoi ai-je réellement du pouvoir d’agir aujourd’hui ? De l’influence (pouvoir d’agir indirect)? Que puis-je faire concrètement sur ces sujets (l’inscrire comme une tâche dans son agenda).

Revenir dans son cercle d’influence (ou de contrôle) permet de retrouver de la clarté et de l’énergie d’action. Quand le fameux petit vélo tourne dans votre tête : se poser, tracer ces cercles et faire le tri des choses sur lesquelles vous pouvez agir et influer vous sera précieux. Et pour le reste, il s’agit d‘avoir recours au lâcher prise (qui ne signifie pas que les choses ne sont pas importantes mais que vous n’avez pas de prise sur elles). Le lâcher prise est réellement une action volontaire d’accepter que nous n’avons pas le contrôle sur certaines choses. Et pour ces choses là, on arrête donc de se « prendre la tête » : votre cerveau vous remerciera pour cet espace ainsi libéré !


👉 Si vous souhaitez en savoir plus sur les cercles d’influence, vous pouvez lire le livre de son auteur Stefen Covey (7-habitudes-de-ceux-qui-realisent-tout-ce-qu-ils-entreprennent).


💡Protéger sa capacité de concentration

Notre cerveau n’est pas conçu pour fonctionner dans l’hyper-fragmentation. Les interruptions constantes (mails, messages, réunions, notifications) créent un coût cognitif important : à chaque interruption, il faut du temps pour revenir au sujet initial.

Quelques routines simples peuvent faire une grande différence :

Créer des plages de travail profond
Par exemple :

  • 60 à 90 minutes sans interruption

  • notifications coupées

  • téléphone hors de portée

  • proches ou collègues prévenus de votre indisponibilité

Regrouper les tâches similaires
Traiter ses mails à des moments précis plutôt qu’en continu.

Clarifier vos 3 priorités de la journée
Cela évite que l’agenda se remplisse uniquement de sollicitations externes.

Ces micro-routines n’améliorent pas seulement votre efficacité. Elles diminuent aussi fortement votre fatigue mentale.


🔋 Recharger ses batteries mentales

On parle souvent de gestion du temps. On parle moins de gestion de l’énergie. Or le cerveau a besoin de récupération pour rester performant.

Quelques pratiques très simples peuvent aider :

Les micro-pauses
Deux ou trois minutes pour respirer, marcher, regarder au loin. Ces pauses courtes permettent au cerveau de relâcher la tension cognitive.

Le mouvement, dehors
Nous passons moins d’une heure par jour dehors alors qu’il en faudrait au moins deux. Marcher relance la circulation et clarifie souvent la pensée. 

La déconnexion mentale
Certaines activités permettent de réellement « décrocher » : sport, musique, lecture, nature.

Ce n’est pas du temps perdu. C’est du temps qui recharge le système.


🛠️L’importance de l’assertivité pour protéger son agenda

Une grande partie de la charge mentale vient aussi de ce que nous acceptons… parfois un peu trop vite. Une réunion de plus. Une demande supplémentaire. Un dossier à reprendre.
Développer son assertivité consiste notamment à pouvoir exprimer clairement ses limites et besoins tout en restant respectueux de l’autre.

Quelques pratiques utiles :

Prendre un temps de réponse
Plutôt que répondre immédiatement :
« Je regarde mon agenda et je reviens vers toi. »

Rendre visibles ses priorités
Expliquer ce sur quoi on est déjà engagé permet souvent de réguler les demandes.

Dire non en proposant une alternative
Par exemple : un autre moment, un format plus court, une autre personne ressource.

L’assertivité n’est pas un refus brutal. C’est une manière responsable de gérer ses engagements. Et paradoxalement, cela renforce souvent la qualité des collaborations.


 ✨Quel petit pas pour diminuer votre charge mentale ?

Si vous deviez faire un seul petit ajustement cette semaine pour alléger votre charge mentale, lequel serait-il ?

Parfois, un changement très simple suffit à recréer un peu d’espace.

Et cet espace… est souvent précieux pour penser, décider, coopérer et tout simplement vivre avec plus de sérénité.

Et pour finir, je vous laisse avec deux petits « présents » :

🎁un cadeau de temps. Je ne vous en dit pas plus et vous laisse découvrir l’idée décrite dans ce post par Mathieu Baudin,
🎙️un épisode de podcast qui évoque très bien ce temps qui nous échappe.

Laisser un commentaire